vendredi 14 septembre 2007

Jeudi 13 septembre : vélo-ciraptor et quenottes affûtées

FB (Femme Bombe alias Mercedes ma coloc) a quitté l'appart ce matin, après avoir nettoyé la casserole dans laquelle ses choux fleurs pleuraient depuis des jours (oui oui ces mêmes choux-fleurs dont j'avais parlé il y a déjà un bout de temps alors qu'Internet en était à ses premiers balbutiements, c'est pour dire) et rédigé un p'tit mot nous annonçant qu'elle revenait dimanche, et "Liebe Grüss"... Bah ça c'est gentil quand même ! Enfin nous voilà à nouveau seuls, toujours pas de nouvelle coloc à l'horizon, p'têt que je vais finalement passer l'année en la seule compagnie de FB... Oh non je veux pas je veux pas ! Moi je rêve d'une coloc avec qui je partagerais l'éponge gratte gratte et le tapis de bain, le yaourt du soir et les nuits chamallows grillés au coin du feu... Bon y'a pas de cheminée mais ça peut s'arranger.

La mission du jour c'est soigner mon vélo violet qui a besoin d'un p'tit rabaissage de selle et d'un panier. Après avoir croisé une caserne militaire désaffectée nous nous rendons chez Fahrrad Center, réparateur de vélos en tout genre -enfin avec une certaine limite dans le tout genre car lorsque le mécano voit mon didounet tout rouillé avec sa lampe qui ne marche plus et sa selle vieillie il fait une drôle de bouille. Je lui explique qu'il faudrait baisser la selle, et lui commence à s'affairer dans tous les sens pour redresser la selle vers le haut... Beuh beuh ch'crois que j'me suis mal faite comprendre. Je l'interromps en plein effort, histoire de lui épargner quelques gouttes de sueur. Il sourit de mon allemand bancal, et finit par comprendre ce que je veux (vive la communication par gestes, imaginez si j'avais pas de bras ?!). Ma selle fait de la résistance, j'en conclus que mon vélo a peu apprécié le regard désapprobateur de ce monsieur qui s'affaire à lui descendre le popotin... Tellement peu apprécié d'ailleurs qu'il se met en tête de nous faire rester plus d'une heure dans cette boutique, tout ça pour une histoire de selle ! Bah oui, Monsieur Mécano a l'air bien embêté, impossible de fixer la selle, la vis qui est censée la tenir tourne dans le vide. Après avoir tout essayé, des plus petites aux plus grandes pinces, Monsieur Mécano appelle son patron Monsieur Super Mécano, qui déclare lui aussi forfait, répétant inlassablement en secouant la tête "Kaputt Kaputt"... Ils filent tous les deux dans leur atelier pour un conciliabule sévère... Et nous on reste là à côté de didounet dont la selle gît par terre, l'air de rien... Mon pauvre vieux vélo... Va falloir que je retourne au marché aux puces pour en acheter un autre à vingt euros, qui sera dix fois moins bien c'est sûr, impossible de trouver un autre vélo avec des roues aussi rebondies et une telle allure. Je me vois en train de pleurer face aux deux mécanos l'air désolé, du sang de vélo partout sur les mains "On a tout fait pour le sauver Frau la Française, enschuldigung, il était en phase terminale".. Chui vraiment dégoûtée on commençait à peine à faire connaissance lui et moi.

Finalement les mécanos reviennent de leur atelier après bien dix minutes, apparemment décidés à passer au plan B. La nouvelle pince qu'ils utilisent pour arracher la vilaine vis rouillée qui gangrène mon deux roues me rappelle ma douloureuse expérience d'arrachage de dents de lait l'année de mes onze ans. Ca y est la tumeur est extraite, Monsieur Mécano file à nouveau puis revient de son atelier brandissant fièrement une nouvelle vis qui brille de toute sa jeunesse. Et pouet pouet tout marche, ils parviennent en duo à resserrer la vis autour de la selle, toute fière d'avoir retrouvé sa place. Quelle aventure ! Monsieur mécano s'en va avec un sourire me disant que je ne lui dois rien, puis se pince les lèvres quand je lui dis que j'aurais encore besoin d'un tout p'tit service. Il paraît soulagé quand je lui parle du panier, a priori aucun risque de mettre la vie d'un vélo en danger avec un panier, le coup du panier ça marche à 100%. D'ailleurs en deux coups de cuillère à pot me voilà dotée d'un vélo aux allures de carrosse ! Et comme dirait Monsieur Super Mécano "Schöne Fahrrad !" héhé.

jeudi 13 septembre 2007

Mercredi 12 septembre : re-Berlin Berlinpinpin

Yep yep nouveau départ pour Berlin : à force je connais la route qui mène au centre par coeur, c'est agréable de sentir que l'on prend peu à peu ses repères. J'ai emmené mon vélo parce que la route de la gare est une immense descente géniale, ça m'entraîne à utiliser mes freins-pédales en arrière... Bon le revers de la médaille c'est le retour parce que là logiquement ça monte hinhinhin.
Il est 8h30 et les nuages crachouillent, les rues sont assez désertes comme d'habitude à FFO. Je croise un cartable immense posé sur les épaules d'un mouflon allemand : ces cartables je les avais déjà repérés lors de mon séjour en Allemagne en 2004, de gros casiers aux couleurs flashy, on n'a pas ça en France, heureusement pour les p'tits écoliers, ça donne l'air de porter l'armoire de grand-mère en carapace.
Évidemment le distributeur de tickets nous tire toujours la tronche, impossible d'arriver à l'étape "Payer", on clique pourtant partout là où il faut mais à chaque fois ça merdouille. Alors tant pis on va au guichet puisque c'est comme ça bah tant pis ! Finalement le soir à la Hauptbanhof de Berlin un homme au tee-shirt rouge "Automatic guide" nous donnera la solution miracle... Enfin s'ils en sont à mettre des playmobils pour aider les gens à acheter leurs billets aux guichets automatiques c'est que c'est anormalement compliqué comme truc, moi j'dis. Faut dire que l'on doit commander les tickets dans un distributeur qui imprime alors un papier sur lequel se trouve un code barre, papier qu'il faut ensuite introduire dans une autre machine automatique qui lit le code barre, nous demande de payer et consent enfin à cracher les tickets de train !

On arrive à 10h30 à Berlin : on se dirige dans le quartier de Kreuzberg où l'on trouve la friperie la plus fréquentée de la ville. Elle est immense, et porte bien son nom "Garage". On est presque tout seuls, ça sent le renfermé de chez Tata Simone, mais ça me plaît comme odeur, et puis y'a plein de vieux vêtements du plus classique au plus loufoque, et tout est vendu au kilo. Je trouve une jupe en velours assez longue pour cacher les gambettes en prévision du froid de cet hiver et un polo à capuche pour remplacer celui que la machine à laver m'a méchamment grignoté, je les paye 7 euros ; le velours c'est lourd mais justement le mercredi entre 11 et 13h c'est happy hour, moins 30%.

Le midi on déjeune dans une p'tite cantine végétarienne qui dément la réputation wurstienne et Kartofelnienne des Deutsch : des tonnes de légumes et des farandoles de salades, et ce pour 5 euros l'assiette, pleine à faire exploser le bidon. On s'assied à l'une des trois grandes tables qui meublent la salle à manger, semblable au salon d'une mamie gâteau. On mange à côté de trois femmes turques aux rires généreux.

L'aprèm direction "Le musée du cinéma allemand", que j'avais déjà visité en 2004 : fidèle aux souvenirs que j'en avais, avec les robes de Marlène Dietrich, les extraits des films de Fritz Lang, des dessins préparatoires des décors de "Metropolis" ou "Caligari", des maquettes de "M Le maudit" ou "Des dieux de L'olympe" de Leni Riefenstahl... C'est ludique et plutôt complet, on y reste deux heures. Le musée est situé dans un endroit très très touristique mais impressionant malgré tout : le Sony Center, un gigantesque dôme vitré, abritant des cinémas, des cafés chics, des magasins sans intérêt, et surtout Legoland, ouaip Legoland. On y est accueilli par une girafe jaune géante à l'air nonchalant, normal elle est faite en Lego, ça doit pas être drôle tous les jours.

On se dirige vers la gare pour retrouver mon fief à moi, qui commence à me manquer. Soyons fous on se paye le luxe de quelques pas supplémentaires pour prendre notre train à la Hauptbahnof, une gare à l'architecture étonnante, récemment rénovée. Son aspect futuriste tranche avec le paysage désert aux alentours. En chemin, aux pieds de l'une des portes de Berlin (oui mais laquelle laquelle ??), des dormeurs sont couchés sur le bitume, réhaussés d'un oreiller à l'allure douillette. Ils sont une vingtaine comme ça à kidnapper le regard des passants!


La gare est fun avec ses allures de "Cinquième Elément", dommage qu'elle soit si moderne que les distributeurs de tickets demeurent invisibles... Fnalement je demande à des policiers en vert (bah ouais ils sont verts les policiers en Allemagne, et les métros sont jaunes, et puis les taxis sont blancs, et les camions de pompiers sont orange fluo, et puis mon vélo il est violet). Un quai plus loin et armés de billets, nous nous engouffrons dans le train direction FFO où des demoiselles polonaises blablateront tout le trajet.

Il fait déjà nuit depuis 18h30, nuit noire même puisque Frankfurt (Oder) n'est pratiquement pas éclairée... Snif ici c'est un temps d'ours polaire et d'iceberg... On se pèle le naseau en plus, ça y est il est rouge, à Paris mon naseau ne rougit qu'à partir de novembre, ici c'est dès septembre... Il faudra m'y faire !

mardi 11 septembre 2007

Lundi 10 septembre 2007 : barbazoum !



AHHHHH !! Ça y est j’ai la solution pour Internet !! Pouet pouet pouet lalalala gnap gnap gnap !! Ça aura été bête comme choux, il aura suffi d’interrompre Mercedes, ma coloc, entre deux bouchées de gratin de choux fleur (justement) pour qu’elle me tende triomphalement le câble, THE câble sauveur… Finalement on se sent un peu cons, c’est qu’on avait acheté le mauvais câble. Bref on a juste branché ce fichu truc jaune reliant le mur à mon ordi, et paf paf paf, Internet est apparu. J’ai plus qu’à enfourcher mon vélo et à me rendre à Mediamarkt pour l’acheter, ce sera mon programme de demain !

Et autres bonnes nouvelles : ça y est j’ai un portable allemand ; et puis j’ai réussi à poster une lettre vers la France en évitant des minettes déguisées en étoiles de mer qui voulaient me vendre un jeu débile… J’ai fait la Française inculte perdue par hasard en Allemagne (« Nein nein sorry ich anderstand nothing, ich Française… Hinhin »), et puis mon vélo a des roues toutes grosses capables d’escalader un crapeau, et puis j’ai acheté des céréales au chocolat en forme de raquette de tennis, et puis j‘ai vu dans la galerie marchande un vieux pas beau se ballader avec un couteau dans la main gauche et crever sur son passage tous les ballons accrochés aux vitrines, l’air de rien… Mais moi je l’ai démasqué le « tueur de ballon »… Heureusement qu’il n’a pas été à la Fête de la Gare, il aurait tout fichu par terre ; et puis j’ai rencontré un Monsieur gentil avec un bonnet de marin dans une boutique de textile pour vélo ; et puis j’ai acheté du blanco souris à « Tout à un euro » qui marche parfait, pas besoin de léchouiller son doigt pour le faire coller, si c’est pas beau ça ?

Dimanche 9 septembre : Berlin-got and co ...

Le dimanche à FFO c’est grève générale, tous les commerces sont fermés, les tramways sont très rares, les passants encore plus, et surtout, les feux ne fonctionnent pas ! Du coup il faut s’accrocher pour traverser les grandes artères, si l’on veut éviter de se faire écrabouiller par les voitures de course de flambeurs plutôt en vogue ici.
Ce matin départ 7h30 pour la Bahnof direction Berlin. Les rues sont vides. On arrive à la gare à 8h15, surpris par une immense banière suspendue au dessus de la grande horloge : « Banhofsfest ». Des camions déchargent la sono, des pancartes et des dessins d’enfants annoncent le programme de la journée : fête, concert and co… Je me retiens de rire, sûre qu’en cas de coup de moral dans les chaussettes je serais où aller trouver de la campagnie : à la Fête de la Gare bien sûr.

Arrivée à Berlin en moins d’une heure ! J’avais oublié comme l’architecture berlinoise est hétérogène elle aussi, c’est déroutant pour une parisienne habituée aux immeubles hausmanniens, mais c’est aussi ce qui donne tout son charme à cette ville. Il fait très frais, nous errons dans le quartier désert de Charlottenburg. Un coup de métro plus tard et nous voilà dans un quartier bien plus animé : à l’est de Berlin, le Prenzlauer Berg. Les rues sont vivantes, les cyclistes très nombreux, les terrasses des cafés sont pleines, tout cela accompagnés de supers rayons de soleil… Une vraie ambiance de dimanche ! Nous pénétrons dans l’un des marchés aux puces de Berlin, le Flohmarkt am Mauerpark. Ça grouille de monde : des vendeurs de tout et de rien côtoient des promeneurs en tout genre -familles au complet, jeune maman, pères débordés, punks et gothiques, hippies et ados branchouilles. On flâne pendant au moins deux heures dans les stands, entre vêtements des années 80 et bottines russes, bicyclettes à 20 euros et vaisselles de grenier, vieux vinyles et meubles des années 70. J’achète une casserolle pour 2 euros et des poupées russes pour un euro.

On quitte le marché vers 13h30 à la recherche d’un coin pour manger : un bâtiment délabré, recouvert de végétation, de graffitis et d’inscriptions « anticapitalisme, anti règles »… anti tout… retient notre attention. C’est l’un des squats les plus connus de Berlin, il est mystérieux, et richement décoré. À côté, un café associatif au concept plus que sympa : on peut y manger un brunch végétarien très complet à volonté que l’on paye selon ses moyens entre 4 et 8 euros. Le menu est super varié et les boisssons coûtent au maximum 2 euros. L’ambiance est très informelle, le café est animé, plein de jeunes gens attablés qui semblent refaire le monde (de ce que j’ai réussi à comprendre !) ; on peut lire la presse et se connecter gratuitement à Internet en wi-fi, ça rend le lieu très convivial, bazar, chaleureux. On s’y sent bien, on pourrait y rester des heures, entourés de jeunes en tout genre.

L’estomac bien plein nous nous dirigeons vers le Mitte, un autre quartier de Berlin, où se trouve notamment l’île aux musées, de quoi assouvir nos envies touristiques. Au passage nous croisons le « Marx und Engels Forum » : en temps normal c’est une immense place où trônent Marx et Engels, l’un assis l’autre debout, l’air très sérieux dans leurs habits de bronze. Mais aujourd’hui la place est pleine de vie. Un rassemblement antifasciste semble attirer beaucoup de monde.


La place est occupée par une centaine de petites tentes blanches réservées aux différents partis de gauche et autres, qui militent contre la montée du fascisme en Allemagne notamment. Au sol, sur de grands draps blancs, sont alignés les noms des victimes du fascisme en Allemagne depuis 1993, des centaines et centaines de noms qui se suivent -c’est assez effrayant. Des spécialistes du sujet sont sur le podium, animant une conférence sur l’histoire du fascisme. Les partis ou organisations présents sous les tentes blanches sont très variés ; évidemment le mot d’ordre antifasciste est assez large pour que l’on trouve aussi bien le Links Partei que des groupes anarchistes, des collectifs pour la libération de Mumia ou des groupes ultraféministes. Mais c’est plutôt sympa de pouvoir errer dans cet endroit, dommage que mon allemand soit encore trop bancal pour pouvoir discuter…

Finalement il fait trop beau pour s’enfermer dans un musée, alors nous continuons à déambuler dans les rues berlinoises. Nous passons par la place Rosa Luxemburg, entourée d’immenses citations au sol puis nous nous installons dans l’herbe, entourés de bâtiments typiquement berlinois : d’un côté, le musée de l’Egypte, un temple reconstitué aux vingtaines de colonne monumentales ; de l’autre le Berliner Dom, une cathédrale aux dimensions impressionnantes ; à côté, une immense bâtisse en cours de reconstruction, structure métallique démesurée qui semble calcinée par les années ; enfin de l’autre des bâtiments réfléchissants ultramodernes accueillant sûrement des bureaux.

Nous rentrons finalement avec le train de 18h, retour à Ffo où il fait toujours beau et même un peu plus chaud qu’à Berlin. Je tente d’apprivoiser mon nouveau vélo, donné par Tiphaine, la sciences-potteuse qui était là l’année dernière : c’est un vélo hollandais sans frein, il faut pédaler en arrière pour pouvoir s’arrêter. Il est pas mal finalement, mon vélo, tout violet, il faut juste que je baisse la selle (je sens déjà les rires narquois, voui bah voui il est trop grand bah voilà voui !), et que j’achète un panier pour mes affaires.

Samedi 8 septembre 2007: problèmes techniques

Le samedi les magasins allemands ferment en général au plus tard vers 14h. Nous devons passer au magasin de téléphone à 13h pour faire changer le contrat, et ensuite nous prévoyons d’aller à Berlin. Le temps est pluvieux, ça donne tout de suite un air plus triste à la ville. Nous passons à la bibliothèque, où nous nous perdons dans d’interminables couloirs, pour imprimer la lettre justificative de Tiphaine. C’est chose faite après avoir perdu 60 centimes dans les machines… N’est pas doué qui veut.
Nous filons vers la boutique O2 où un panneau nous indique la fermeture exceptionnelle du magasin suite à des problèmes techniques… Grrrrr ! La vendeuse de la petite boutique O2 à l’étage inférieur s’excuse mais ne peut pas s’occuper de nous, seule la boutique principale est habilitée à le faire. J’aime bien les gens de O2 parce qu’ils me comprennent, quand j’aurai le cafard je viendrai discuter avec eux, ça doit être les ondes des portables qui m’aident à m’exprimer !
Direction la Banhof pour aller à Berlin : pas de chance non plus, les trains pour Berlin ne fonctionnent exceptionnellement pas, il faut prendre le bus et on en a pour deux heures !

On laisse tomber Berlin… Je vois la vie en noir. On erre un peu dans la ville, et devant une zone bien bétonnée je lance innocemment, comme un réflexe : « J’aimerais pas habiter dans cette ville quand même ». Grand silence.
Heureusement je retrouve vite la frite après un sermon pierrotin… Finalement c’est vrai que c’est fun FFO, d’ailleurs il y a une dalle du trottoir qui a la forme d’un diplodocus, et puis la seule boutique ouverte vend des fleurs, on y achète deux pots pour égayer ma chambre ; et surtout on trouve une boulangerie digne de ce nom où les prix sont dérisoires (comme beaucoup de produits alimentaires à FFO d’ailleurs), on y achète un pain aux céréales typiquement allemand et un gâteau chocolat-mandarine qui n’a pas le goût de mandarine.

Il est 17h, on rentre à pieds vers August-Bebel bien décidés à se rendre à Berlin le lendemain pour découvrir son marché aux puces et ses musées ! On a l’appart pout nous, Mercedes est partie pour le week-end. Allez je crois que je vais laisser une chance à Frankfurt (Oder) !

Vendredi 8 septembre 2007 : les p'tits bonhommes...

La voiture parentale nous attend à 11h en bas de mon immeuble pour une mission vaisselle and co. Entre deux corn-flakes allemands j’ai échangé quelques mots avec Mercedes, qui s’avère moins froide que prévu… Le soir elle nous aura même laissé un mot nous invitant à manger ses légumes qu’elle n’aura pas eu le temps de cuisiner, c’est presque la fête !




Je prends le temps de regarder Frankfurt (Oder), c’est une ville étonnante qui n’a rien à voir avec les villes françaises. L’architecture est hétérogène, des immeubles tristounets et bétonnés certes (voui voui les mauvaises langues avaient un tout p’tit peu raison là-dessus, c’est est-allemand on ne peut pas nier !), mais surtout des maisons et des bâtiments très colorés et plutôt originaux, et puis les rues s’appellent Marx, Gorki, Luxemburg et Liebknecht et ça ça le fait !

Je trouve tout mon bonheur dans un magasin « Tout à un euro »… Me voilà pratiquement équipée pour une année. J’avais oublié qu’en Allemagne les sacs plastiques ne sont jamais donnés, il faut nécessairement les acheter. Autre anecdote : ne jamais traverser au petit bonhomme rouge lorsque l’on est piéton, sans quoi les autochtones nous fusillent aussitôt du regard comme si l’on avait éventré le chien de la voisine ! Il faut dire que les tramways débarquent de tous les côtés et que l’on se fait facilement écraser. D’ailleurs les vélos (très nombreux) cohabitent sur les trottoirs avec les piétons et non sur les routes avec les voitures comme c’est dangereusement le cas à Paris.
Le midi on mange dans une cantine chinoise que je préférerais oublier… C’est amusant parce que les restaurants sont rares finalement, par contre on trouve des snacks à gogo : les gens mangent beaucoup sur le pouce, une Currywurst, un fast-food, un sandwich…
Ce qui est frappant aussi à Frankfurt (Oder) c’est à quel point la ville est verte : des parcs partout, des arbres déjà chatouillés par l’automne, des quartiers d’habitation très fleuris…

Retour à August-Bebel Strasse : Internet ne marche toujours pas et ça me met le moral dans les chaussettes. Je voudrais pouvoir communiquer avec le monde extérieur ! J’ai l’impression d’être coincée sur une île. On trouve finalement une solution : filer tous les quatre à la bibliothèque après avoir appelé Martyna qui s’y trouve justement. Là on trouve Internet, et des imprimantes. Je peux lire les journaux en ligne, envoyer des mails à tous ceux que j’ai laissés en France et à tous les p’tits ratons émigrés aux quatre coins de la planète ! Je retrouve aussi le sourire de Martyna et ça me redonne la pêche, elle me montre les imprimantes et on se raconte des blagues, je m’accroche pour comprendre.

Finalement on quitte la bibliothèque gaiement, et on arrose nos retrouvailles avec Internet dans un café réputé être le repère des Erasmus. Il est un peu vide évidemment, la rentrée est en octobre, très peu d’étudiants sont déjà arrivés. L’on mange un dessert d’adieu, Jack et Youdie quittent FFO le lendemain aux aurores. Rien à signaler sinon la présence de cerises.
Bilan du jour donc : Internet ne fonctionne toujours pas et je n’ai pas non plus de téléphone. Alors patience patience…

Jeudi 6 septembre 2007 : installation et administration !

Le lendemain lever de bonne heure : à 9h30 nous avons rendez-vous avec Martyna, une étudiante polonaise membre d’une association d’aide aux étudiants internationaux, qui doit me guider dans les méandres de l’administration… Elle me sera d’une grande aide, mon Interstudis ! Le petit déjeuner à l’hôtel me rappelle que l’on est en Allemagne : charcuterie, omelette…
9h30 : on retrouve donc Martyna, très souriante. Mon premier contact avec l’université est plus que concluant ! Nous entrons dans le Studentenwerk, là où je signe mon contrat de logement et où je paie la caution. Je suis alors confrontée à un détail tout de même essentiel : les Allemands parlent allemand… et c’est dur !!

Nous filons vers ma résidence, un peu isolée puisqu’à 4 km du Zentrum et donc de l’université. C’est la résidence August-Bebel Strasse : de longs bâtiments colorés plutôt accueillants, aidés certes par le soleil qui ne fait pas semblant de briller. Je reçois mes clés du Hausmeister, un propriétaire qui a oublié de sourire pour le coup. Je pénètre alors dans ce qui sera MA maison pour un an : c’est grand ! Nous sommes cinq à partager cet appartement, une cuisine commune avec frigo et placards compartimentés et fermés à clés… C’est bien pensé ! Il y a deux salles de bain et cinq chambres. Ma chambre est au fond du couloir, c’est la numéro 5. Elle est immense comparée à celle de Paris : au moins 16m2, avec une armoire, un lit, un bureau, une table et deux bibliothèques ! Bon c’est un peu froid certes mais je m’attaquerai à la déco plus tard. Je découvre en coup de vent ma première et seule colocataire (pour le moment) : elle s’appelle Mercedes et elle est Polonaise.

Le temps de poser mes bagages et nous voilà repartis : nous faison halte dans une autre administration pour payer mes frais de scolarité du semestre. Et là c’est kafkaïen : il me faut mon numéro d’étudiant pour payer ces frais (mon Immatrikulationnummer), et je n’ai pas reçu ce numéro. Or pour avoir ce numéro d’étudiant, il me faut d’abord avoir payé les frais de scolarité ! Jolie boucle absurde qui me bloque totalement ! D’ailleurs vive Sciences-po : quelques jours avant le départ j’ai eu un problème avec mon inscription que j’ai dû régler seule avec un membre de l’administration de l’université allemande, qui heureusement m’a beaucoup aidée… Pourtant, je n’ai pas reçu mon numéro d’étudiant avant mon départ –ce qui ne serait pas arrivé si Sciences-po avait bien fait son boulot.
J’essaye de me dépêtrer dans les explications allemandes de Martyna… Finalement nous décidons de filer vers l’université pour trouver de l’aide. Après plusieurs escaliers nous débarquons dans le bureau de M. Schünow, la personne qui m’avait justement aidée par mail avant mon départ. Très pratique : je n’ai pas besoin de tout réexpliquer, il se souvient d’ailleurs très bien de moi. Parfait, je peux laisser reposer mon cerveau quelques minutes parce que mine de rien je n’ai parlé qu’allemand depuis le début de la matinée et ça commence à chauffer ! Finalement nous quittons le bureau sans que le problème soit réellement réglé, si ce n’est que je devrais avoir mon Immatrikulationnummer la semaine prochaine.
Ensuite direction la bibliothèque pour photocopier des documents : alors là ça en jette ! La bibliothèque est immense et contruite au centre de la cour intérieure d’un bâtiment en briques rouges… c’est plutôt joli. On file ensuite vers un autre bâtiment, municipal celui-là pour me faire enregistrer en tant qu’habitante de FFO (Frankfurt Oder en abrégé). Un détail amusant (quoique ?) : sur la fiche de renseignement, on me demande si je vais à l’Eglise…

Pause enfin ! Il est 13h30 : nous proposons à Martyna de se joindre à nous pour le déjeuner. Elle connaît justement un restaurant polonais de l’autre côté de l’Oder : nous passons donc la frontière où des soldats en vert armés de boots énormes contrôlent nos papiers d’identité. De l’autre côté, l’ambiance est très différente… Difficile d’expliquer ce qui change précisement, mais la ville, Slubice, n’a rien à voir avec FFO, malgré la proximité. Le restaurant est rigolo, complètement vide (nous sommes les seuls clients), tout sombre et plutôt frais, il faut dire que les fenêtres sont grandes ouvertes. Le dessert est par contre, lui, très allemand : de la crème avec des cerises. J’avais oublié cette folie allemande pour les Kirschen !
L’après-midi nous allons à la Deutsche Bank pour ouvrir un compte, je dépose en liquide tout l’argent que j’ai gagné durant ces deux mois de travail ! Nous passons ensuite à la boutique O2 pour faire changer le nom sur le contrat de téléphone que j’ai récupéré auprès de Tiphaine, la Sciences-potteuse qui était là l’année dernière. Malheureusement il faut une lettre justificative de la part de Tiphaine, je n’aurai donc pas le téléphone aujourd’hui. Direction le Mediamarket du coin pour acheter le câble dont j’ai besoin pour Internet, câble qui ne sera pas le bon d’ailleurs. Il est 17h, nous laissons enfin Martyna s’échapper, une journée n’aura pas suffit pour tout faire.
Le soir nous allons faire les cours chez Plus, un supermarché discount juste à côté de mon appart : ils ont de tout, c’est allemand certes, mais, je trouve de quoi manger correctement, et même des légumes, je ne serai pas trop dépaysée de ce côté là !

Vers 21h, nous nous retrouvons tous les deux, Pierrot et moi -enfin trois avec Mercedes qui ne nous adresse pas la parole, si ce n’est un petit mot sur le meuble de la cuisine nous demandant de ne pas piétiner le tapis avec nos chaussures… Ca s’annonce bien ! Je vide tous mes bagages et nous nous couchons. C’est difficile d’être à cheval entre deux vies, l’une est derrière moi et l’autre est si peu construite que je suis déroutée…