dimanche 30 mars 2008

des photos, juste des photos !

La Sagrada Familia, l'évènement touristique de la ville, mais on comprend pourquoi ! Après plus d'un siècle de travaux, la cathédrale n'est toujours pas achevée. Mais les dizaines de grues à la hauteur vertigineuse ne rendent l'ensemble que plus impressionnant. Son architecte originel est le célèbre Gaudi, chef de file du mouvement architectural morderniste, dont les bâtiments variés, tous plus fous les uns que les autres, épicent déjà la ville. Son travail transforma la capitale catalane à la fin du XIXè siècle, et ce avec succès. Ce qui caractérise le mouvement, c'est avant tout son originalité, sa variété, son rejet des normes. On en vient tout de même à se demander comment Gaudi est parvenu à imposer un tel projet, celui de la Sagrada Familia, pourtant lieu de culte, mais tellement incroyable par sa profusion de détails, son rejet des lignes droites, ses tours fines, grimpantes, presque branlantes voire tordues, et la trentaine d'espèces végétales représentées, entourées de nombreux visages, apparemment réalisés à partir de moulages en plâtre faits sur la population barcelonaise et même sur des corps de la morgue locale ! Le détail le plus marquant, s'il fallait n'en retenir qu'un, est sûrement cet arbre rond, un cyprès touffu, parsemé de colombes.

La plaza Real dont les lampadaires ont été faits par Gaudi. La photo c'était plus pour les palmiers et le soleil. Sinon pour une petite note culturelle, ça ressemble un peu à la place des Vosges, la chocolaterie en moins. C'est ce qui était autrefois le Palais royal. En plein coeur du quartier médiéval, c'est un endroit assez vivant, accueillant touristes, musiciens et cafés avec terrasses !




À côté c'est Serge, le lama en semoule fabriqué pour faire un copain au lama en poils blancs que Hugo et Marie ont ramené du Chili. Tout le monde se moque de ce pauvre Serge Lama, atteint d'une maladie cutanée attrapée en séchant... Malgré tout ça fait quand même une décoration pour la télé du salon, alors bon...






Soirée Sangria et jeux de carte !

Paris - Barcelone, vive les Semesterferien !


Plus d'un mois que j'ai quitté FFO et le temps passe si vite ! Dans une semaine j'aurai retrouvé ma ville frontalière, je suis sûre que les arbres auront des bourgeons et le ciel un peu de bleu, tout va passer à cent à l'heure, il ne reste que quatre mois maintenant. Un semestre et voilà l'année Erasmus terminée. Bon pas encore le moment de sentir poindre la nostalgie, il me reste un peu de temps tout de même.










Que dire sur Barcelone sinon que c'est beau, chaud, fun, animé, vivant, coloré, éclairé, un peu fou, jambonné et sangriaé, que j'ai trouvé une boutique géniale qui vend des monuments en papier (pas évident à faire je crois que je vais craquer sur une Sagrada Familia avant mon départ, ça me tiendra bien quinze jours !), que l'on est actuellement huit personnes dans un appart de 55 m2 ce qui rend la vie plutôt animée, que l'on a passé notre soirée d'hier dans un bar à sangria-rondelles d'orange dans la carafe avec un chilien de quarante ans chaveziste, que l'on part la semaine prochaine à Valence en autostop, que balai en espanol ça veut dire d'accord d'accord, que j'ai déjeuné avec un Allemand berlinois hier et que mon allemand s'est lui-même quelque peu rouillé (je parle pas du Berlinois mais de mes compétences linguistiques), qu'il me reste un tiers de Hausarbeit à faire (j'ai terminé celui sur l'humour!), qu'à Barcelone il fait faire attention à son portefeuille, que je suis droguée aux oréos blancs enrobés, que l'on va se baigner au moins une fois avant mon départ (!), que les tapas c'est pleins de couleurs, ... Petit résumé en photos, le soleil brille trop fort dehors, on s'en va faire un tour au Parc Guëll !

jeudi 21 février 2008

La Caseeeeeeeeerne !!!


Pouet pouet ! Sortez les trompettes... Ca y est ça y est, je l'ai fait, j'ai franchi les limites de l'interdit !! Frankfurt-Oder en est devenue bien plus intéressante, comme ville, car oui oui j'ai osé l'impossible : passer de l'autre côté des grands et épais murs qui séparent le monde normal et serein de celui de "la caserne".




La Caserne j'en ai déjà parlé, mais pour ceux qui suivent pas, et puis pour ceux qui auraient tout simplement rangé ça dans un coin inconnu de leur tête (excusés par mon long silence), je vais réintroduire ce personnage essentiel qu'est la caserne désaffectée de Fankfurt-Oder. Je dirais que c'est l'attraction de la ville même si peu de personnes ont osé franchir le pas. La caserne c'est l'ancien repère de l'armée soviétique, les derniers militaires l'ont quittée en 1995, mais elle semble abandonnée depuis plus de trente ans, dévorée par les herbes, l'humidité et l'obscurité. La caserne c'est une suite ininterrompue d'immenses bâtiments en briques rouges, hauts de quatre à six étages, regroupés dans un gigantesque "parc" envahi de mauvaises herbes, le tout protégé d'épais murs, eux-mêmes rouges, et de barrières imposantes. Autant dire que tout est fait pour dissuader les curieux, sans parler des pancartes prévenant du danger de la chose pour cause de mines, munitions, sol abîmé et blabla. Bon, en fait je dois revoir le danger à la baisse, quoique que ça aurait donné du relief à mon récit... Mais je ne voudrais pas trop inquiéter les gens qui lisent et qui m'aiment : donc non le sol n'est pas affaissé et jonché de mines; en tout cas je suis toujours vivante.




On n'a pas fait les choses à moitié, avec Béa et Manolo, on est allé acheter une lampe de poche chez Kaufland et du chocolat triple épaisseurs pour affronter le danger. A 23h on a quitté la résidence August-Bebel direction l'inconnnu, le tout sous la bruime et dans une semi obscurité peu rassurante (je rappelle que FFo est une ville sans lampadaire !). Dans le mur on a trouvé un trou où l'on s'est engouffré, pas inquiété pour un sou par un potentiel témoin susceptible de nous dénoncer, puisque Frankfurt Oder est une ville fantôme dès la première étoile. J'ai ouvert la marche la lampe à la main, bercée par les blagues de mes deux zigottos à l'arrière (bah oui pour détendre l'atmosphère parce que mine de rien ça fait un peu peur la caserne !).




On a choisi un bâtiment un peu au hasard, parce qu'après tout on avait l'embarras du choix, une vingtaine de bâtiments plus ou moins indentiques s'offraient à nous, tous enveloppés d'une obscurité invitant guère à la promenade. Mais voilà on avait franchi la barrière il nous fallait y rentrer !
Une fois passé la porte d'entrée en bois couchée sur le sol et chatouillée de ronces, on a préféré s'engager dans l'escalier menant au premier étage, celui menant à la cave était vraiment trop trop sombre. Faut dire que la lampe en promotion de chez Kaufland c'est fun mais ça éclaire pas grand chose...




Bon bah au premier étage c'est vide, un immense couloir sur notre gauche, et un autre sur notre droite, nous saisissent sur place, noyés dans l'obscurité, on en aperçoit pas le bout. Chacun serpente et dessert une dizaine de chambres toutes identiques et vides à l'exception de quelques coffres et armoires. Au sol, du parquet humide ou du carrelage brisé, au mur des peintures fades mais tout de même décorées, ou des papiers peints pleurant, victimes de l'humidité. On trouve des pièces en carrelage blanc qui semblent être des salles de bain collectives. C'est immense, les pièces se succèdent, au bout on trouve d'autres escaliers, on les grimpe pour découvrir un second étage identique au premier. Les vitres sont brisées, les rares écritures indéchiffrables car en russe. Une pancarte au dessus d'une lourde porte de bois décrit le quotidien des soldats, ça n'a pas l'air réjouissant.








On quitte les lieux au bout d'une heure, en ayant à peine visité un 5ème de la surface totale de la caserne. Les greniers me tentent vraiment, et les salles à manger-cantines aux extrémités des bâtiments aussi. Je me demande bien ce que va devenir ce bâtiment, voilà plus de dix ans qu'il trône ici abandonné, suscitant la curiosité des étudiants d'August-Bebel résidant à proximité. La nuit quand je rentre seule, il me faut parfois changer de trottoir tant son obscurité semble vouloir aspirer le moindre passant. Mais elle me plait bien moi cette caserne, elle est sacrément imposante malgré son état. La détruire serait sûrement extrêmement cher... Et puis, pour construire quoi?



La caserne n'est que l'exemple le plus impressionnant d'un bâtiment à l'abandon à Frankfurt-Oder, parce que les maisons vides sont à la mode à FFo, chaque rue à la sienne voire les siennes, et je pourrais à mon avis consacrer plus d'une semaine à leur exploration. Pour ce qui est de la caserne, je compte bien la continuer, ma visite, mais peut-être la journée, sous un soleil radieux, ça rendra la chose moins impressionnante mais un peu plus rassurante.

mercredi 13 février 2008

Et en prime pour l'attente, un p'tit poème qui paye pas de mine !


Y'en a pour tous les goûts,
Des a pois, des rabougris,
Des volubiles, des tout petits,
Des trop modestes, et des rayés,
Des enfumés, des pieds de nez,
Des à ce soir, des toujours en r'tard,
Des décalés, des trois fois deux,
Des grands géants, des mal aux dents,
Des j'vous en prie, des confettis,
Des on a toute la vie, des champipi,
Des rigolos, des fans de rando,
Des t'en fais pas, des je s'rai là,
Des énergiques, des à la folie,
Des ce s'ra nous, des tout foufous,
Des j'me suis pas trompée, des enlacés,
Des Saint Vincent, des nuits de magie,
Des longs d'un mois, des juste pour toi,
Des rien qu'à nous, des tout secrets.

assolement triennal, monèmes fonctionnels et Glühwein

OUHH je suis là !!! Toujours vivante et la tête pleine de nouvelles aventures. J'ai de quoi écrire et me faire pardonner de mon looooooooooooooog silence. Faut dire que j'ai quelques excuses à mon actif. D'abord un séjour à Paris pour les vacances de Noël sans mon ordi bien sûr, puis le retour (difficile après tout ce temps bien entourée) à Frankfurt où le thermomètre affichait tout gentiment -10 (arghh), puis l'arrivée de ma meilleure Freundin, Béa qui fait un stage dans une usine de Zink à FFO et vit donc à August-Bebel Strasse, dans un appart à deux pas du mien, puis la panne d'Internet dans toute la résidence en décembre à cause d'une tempête de vent, puis la mort de mon ordinateur (avant de faire mon deuil je crois les doigts, je rentre à Paris dans une semaine et espère pouvoir le faire réparer, et sauver tout ce qu'il contient, soit deux ans de ma vie en photos, cours, musique, etc...), puis surtout surtout, un mois d'exam... bah oui en Allemagne les périodes d'examens sont étendues, et je dois dire que je n'ai pas chômé ! J'ai terminé aujourd'hui, à 11h03 précisement : point final à ma dissert de sociologie, oui oui en Allemand. Tout en Allemand, je m'étendrai pas sur la difficulté que c'est de faire rentrer autant d'informations en langue étrangère dans ma petite tête ! A mon actif donc quatre Klausuren (examens), un en linguistique que j'ai "bestanden" (réussi), un en allemand également, un en histoire économique dont j'ai reçu la note aujourd'hui (j'en suis super contente et soulagée!); puis sociologie que j'attends. Voilà puis ça aussi été une période chargée en exposés et réflexion sur les Hausarbeite (des "mémoires" d'une vingtaine de pages chacun que je suis censée rédiger pendant les vacances, en allemand toujours !).

J'en ressors un peu grandie :) non non je suis toujours aussi près du sol, mais par contre j'ai appris qu'en Allemagne il faut se réjouir d'un 1, c'est la meilleure note (utile à savoir sinon on peut effectivement se demander pourquoi notre voisin saute de joie alors que sa copie est barré d'un gros 2 rouge... he oui, 2 c'est bien chez eux, ça correspond à un 16 en France). Enfin j'ai aussi appris qu'il existe une politesse négative et une autre positive, que Saussure distingue Langue/parole/langage, que les oiseaux recommencent à chanter à FFo parce qu'il ferait presque chaud, que l'on peut survivre sans ordinateur, que les bidules qui servent à relier les barrières métalliques sur l'autoroute s'appellent des Bügel (merci Béa!), que la révolution agraire a mis fin à la Dreifelder Wirtschaft (assolement triennal), que Barcelone est une ville superbe !, que la terre en jachère se dit Brachland (mot encore plus inutile que la Gallenblasen je crois !), que le café Hemingways n'est pas mort malgré mon absence de plusieurs mois, qu'il faut éviter de boire trop de vin chaud (Glühwein) au risque de s'engager à cuisiner français pour soixante personnes la veille d'un exam, qu'il n'est pas étonnant de recevoir un coup de fil en allemand à 5h45 du matin (à 5h45 je ne parle pas allemand moi!) vous donnant rendez-vous dans une demi heure pour épauler la présidente de l'université à l'ambassade de France de Berlin (j'y serais bien allée pour les petits fours... mais à 6h quoi!)...
que les marchés de Noël à Berlin sont des marchés de saucisses, que je viens de finir un semestre déjà ici à la frontière polonaise et que je suis plus que vivante, que y'a du soleil et 20 degrés à Barcelone mais que j'y vais pour les vacances (!!), que mine de rien on est content de retrouver sa famille après quatre mois, que Paris est une ville superbe, que Georges Mead a développé le symbolisme interactionniste; que les Hensel Twins sont deux soeurs se partageant le même corps, qu'il m'arrive de réussir à m'exprimer en allemand, qu'il suffit d'écrire une nouvelle sur le thème du crime pour gagner un voyage à Vienne utilisable jusque décembre (oui oui je pars à Vienne... je sais pas encore quand !!), que mon prof de socio est sévère mais pas injuste, que l'on peut manger deux semaines avec un colis postal de plusieurs kilos en provenance de la France (merci merci !), que l'on peut décider de faire grève de ménage pendant 24 jours pour cause d'examens, que l'on en vient à regretter de ne pas voir ses petites colocs pendant les vacances (bah oui je suis en vacances là !)...
qu'écrire deux mémoires en allemand c'est presque tranquille à côté des révisions, que je peux faire un exposé en allemand devant un public allemand, avec des notes en allemand, et des mots allemands, sans perdre mes moyens, que mon portable ne tient que 3 minutes avant de s'éteindre pour cause de batterie morte, qu'il ne faut jamais laisser ses plantes sur la table du salon quand les colocs sont maladroites, qu'une panne d'Internet favorise la création artistique (notre appart est superbement décoré maintenant, on y a passé plusieurs soirées), que la chanson "l'amour à la Française" me plaît beaucoup, que Poznan est une très jolie ville polonaise où l'on peut flâner trois jours si l'on résiste au froid, que les grévistes en Allemagne ne créent pas spontanément de comité de grève, qu'il me faut réparer mon vélo, qui a le pneu crevé, maintenant que le temps est plus clément, que ce soir je dois cuisiner français pour Pamela qui m'a imprimé tous les cours d'Industrialisierung sans compensation, que j'ai gagné un imprimeur de sapin dans un oeuf kinder, que Besancenot insère des "écoute, pouf..." dans ses interviews (cf. Chat du Monde de fin janvier), que j'ai des crises d'eczéma comme quand j'étais petite, que la frontière avec la Pologne est ouverte (je regrette presque les militaires verts)...
qu'une chocolat party pendant les exams en famille-coloc est très réconfortante, qu'au jeu du loup garou je préfère être celui qui raconte parce que j'ai peur de me faire dévorer, que deux petits chevreuils campent devant la résidence à 5h30 du matin (oui j'ai même pris une photo!), que les conducteurs de train ont des emplois du temps pas humains (enfin on s'en doute, mais quand on voit le planning de près ça refroidit!), que mes cheveux poussent vite, qu'un calendrier de l'avent fait main et offert par Julie ça donne du courage pendant les dures nuits d'hiver, que nos doigts s'habituent très vite aux claviers tchèques, que là y'a du soleil et ça donne un goût de printemps, que je vais pouvoir profiter de mes vacances !!!
Alors pour les photos... Sans mon ordi ce n'est pas évident, là j'écris de celui de Béa... Ah j'ai trouvé ! Béa a pris de superbes clichés de FFO. Je mets en prime deux photos de Barcelone, une de ma main sur la plage et une autre d'un parc pour petits assez peu "bon enfant" !

mercredi 21 novembre 2007

Mois de novembre p'tit résumé 2 !





ah ah j'en étais donc restée au départ de la co et aux larmes que l'on avait versées ! Mais évidemment je ne me suis pas laissée abattre, et le mois de novembre a donc suivi son chemin. Y'a les cours bien sûr, je suis aussi là pour ça aussi. Je ne dirais pas que je suis super à l'aise avec les profs qui parlent allemand (on n'a pas idée non plus de nous faire lire Durkheim en allemand, il a écrit en français à l'origine que j'sache, bon alors un peu de respect pour les originaux non !). Globalement je dirais que ça va de mieux en mieux niveau compréhension, mais celui-ci dépend malheureusement trop de mon état de fatigue, de ma bonne humeur et du prof aussi. Mon prof de socio, tiens par exemple, très bon prof hein j'en suis sûre, si ce n'est qu'il donne l'impression de parler avec un Knödel dans la bouche... Pas très "deutlich" comme on dit ici ! Sinon y'a mon prof de linguistique, pas toujours deutlich non plus parce qu'il est monté sur ressort, mais très sympathique et surtout très expressif, j'ai pas forcément besoin de tout comprendre, il mime presque les consonnes et les voyelles, les flexions, les sons ouverts et les sons fermés, les langues analytiques et synthétiques ! J'ai un cours pas mal du tout sur la recherche sur les partis et mouvements politiques, assez dur je dois dire, surtout que l'on doit lire tous pleins de textes chaque semaine, mais bien dense aussi alors je ne m'ennuie pas et j'ai envie de m'accrocher pour comprendre. J'ai un cours le jeudi matin sur la traduction, là je bois un peu la tasse parce que ça me demande tout de même de jongler avec trois langues en même temps, soit l'allemand, l'anglais et le français ce qui fait beaucoup pour mon petit cerveau. Mais mon prof est tout jeune et très compréhensif. J'ai râté la dernière séance, celle de jeudi dernier à cause de la journée internationale.

La journée internationale, c'était l'évènement Erasmus du mois, suivie d'une soirée bien fofolle au Kaméa (cf. photo, avec Julie, ma Française préférée !) bercée par de la musique française (un groupe fondé à FFo par un ancien étudiant Erasmus venu de France, composé de musiciens allemands, La Marche). Pour la journée, chaque étudiant devait préparer un stand pour présenter son école et son pays et surtout pour répondre aux questions des étudiants autochtones censés eux aussi partir au moins un semestre hors les murs. Enfin je dirais pas que ça m'a super bottée de rester une journée dans le hall de l'université pour présenter Sciences-po, mais finalement c'était pas si dur, parce que nous les Français étions totalement au fond et peu d'étudiants sont donc venus nous déranger. On a pu discuter et rigoler des décorations que nous avions passé la soirée à faire tous ensemble réunis chez Hyacinthe, armés de feuilles, feutre et ciseaux. Ca avait fini en renversement de jus de banane sur ma marinière et en bataille de confettis bleus blancs rouges, mais c'était plutôt amusant. On était tous en compétition, ce sont les Argentins qui ont gagné avec leur stand tout décoré et leurs danses traditionnelles très famille Adams dans le hall de l'université !


Autre évènement du mois : une super journée à Berlin avec Manolo et Samuel où il a neigé ! On s'est balladé toute la journée dans la capitale, tentant de choper les bus qui passaient pour ne pas finir geler, je crois que c'était la journée la plus froide depuis que je suis ici, et c'était assez intenable. Le midi on a mangé dans un p'tit grignotti allemand qui vendait des Spätzel, des sortes de pâtes longues et assez visqueuses qui permettent de faire des économies terribles côté budget alimentation (Ca nourrit pour un mois... Dire que l'on accuse les Français de manger des trucs visqueux à cause des escargots, mais je dois dire que les Spätzel c'est tout de même assez fort côté spongieux !). On a aussi fait un pélerinnage au rayon fromages du KDV, l'un des plus importants grands magasins d'Europe... Manolo et Sam se sont agenouillés devant les camemberts, moi j'ai dû les prendre en photo, tous les yeux étaient rivés sur nous... Après on s'est enfui en courant ! L'après-midi on a bu un thé dans le café sympa de Kreuzberg et on a volé la petite théière parce qu'elle est toute petite.


À la nuit tombée on s'est perdu dans le monument à la mémoire des Juifs, en bordure du Tiergarten (mémorial réalisé par l'architecte juif américain Peter Eisenman, consistant en un champ de stèles de béton traçant une sorte de labyrinthe étroit propices aux égarements. Le mémorial a été inauguré en mai 2005, après moultes polémiques et difficultés). On a finalement échoué au Sony Center, à côté duquel s'étendait une immense piste de luge où l'on pouvait pour deux euros se laissait glisser, (mieux que la montagne! C'était un évènement commercial sponsorisé par Milka !). Avant de rentrer chacun chez soi on a bu un chocolat dans un bar branché du Sony center en compagnie d'un de mes copains de l'Université, Mike qui parle très bien allemand pour avoir travaillé un an à Eurodisney l'année dernière.

Autre nouvelle, la rencontre avec ma famille d'accueil, ou "Patenfamilie" : le principe est simple, une organisation au sein de la Viadrina s'occupe de mettre en contact les étudiants Erasmus avec une famille de la ville. Ma marraine s'appelle Viola, elle est adorable, a un fils Tom de 21 ans qui étudie à Dresdes, habite en bordure de la ville et est Gärtnerin (jardinière). J'ai passé un super dimanche en leur compagnie, autour d'une fondue originale, pleine de légumes et de sauces multicolores. On a beaucoup discuté, en allemand bien sûr, j'ai appris que notre résidence universitaire accueillait autrefois les familles des militaires de la caserne toute proche (que je dois toujours visiter d'ailleurs), et que l'actuel garage situé entre Plus et notre résidence, qui a plus la tête d'une maison que d'un garage d'ailleurs, était un ancien bordel. Enfin je vais les revoir bientôt, et leur chienne m'a déjà adoptée !

Il avait plu

C’était comme une mare aux cauchemars,
On y entrait en serrant les dents
On s’y plongeait en agitant les pieds
Je crois qu’il a déjà coulé
Il est perdu, j’ai de la brume dans les idées
Je grelotte, j’ai déchiré mes dernières pensées
Tu m’avais promis, j’en avais oublié la pluie
Je croule, c’est le bruit des abeilles qui me pèse
Quelle heure est-il ? Midi pile, l’heure des larmes
C’était un soir d’automne, et les arbres s’effritent
Si tu étais là j’aurais pu nager
Il a crié et les oiseaux ont cessé de chanter
J’avais prié pour que les corbeaux n’aient pas ta peau…
Tu crois qu’il va neiger en plein été ?
Cette nuit le vent sera différent…