jeudi 19 juin 2008
première baignade, années folles, chimie et compagnie...
mardi 20 mai 2008
1er mai, Krivine, Magdeburg, Hundertwasser, Neue Nationalgalerie et requin taureau
Le premier défilé auquel j'ai assisté avait lieu dans le centre de Berlin. Je dois avouer que les manifs des syndicats sont en Allemagne aussi ennuyeuses qu'en France, mais les manifestants étaient assez nombreux malgré la grosse averse qui a mouillé mes chaussettes et fait déteindre mon manteau sur mon tee shirt blanc (pauvre tee shirt, et pauvres chaussettes). Les pancartes des différents syndicats du DGB affichaient hypocritement leur volonté d'améliorer les conditions des travailleurs (quand on sait le succès de leur stratégie de "négociation" et leur effort continuel pour "casser" tout velléité gréviste).
Cette fête a en effet été développée pour mettre à mal les manifestations politiques dans le quartier, les autorités ayant depuis 1987 régulièrement tenté d'empêcher le traditionnel passage par Kreuzberg de la manifestation "révolutionnaire". D'où l'idée d'un festival familial et bon enfant (Myfest) contrôlé par l'Etat afin de remplir les rues et de séparer les gens en "politiques" et "non politiques", "étrangers" et "habitants de Kreuzberg", au risque évidemment de faire de cette journée du premier mai, originellement événement politique et théâtre de revendications sociales nombreuses, une journée digne du club Mickey (mais c'est bien là le but de Myfest!). Le résultat de cette stratégie "d'apaisement" semble mitigé. Grâce à la kermesse, les rues sont au contraire remplies de gens, dont beaucoup soutiennent les manifestations politiques (à l'image de cette mère de famille avec qui j'ai discuté, grande nostalgique de la DDR, politiquement floue mais clairement critique vis à vis de la politique du gouvernement actuel) mais on observe aussi effectivement un recul des échauffourées avec la police.
Le vendredi j'ai assisté à un meeting d'Alain Krivine organisé par la LCR pour discuter du Nouveau Parti Anticapitaliste. Nous étions une quarantaine dans la salle, une grande majorité d'Allemands, et le débat a duré trois bonnes heures, ralenti il est vrai par la traduction, Krivine ne parlant pas allemand. Pour l'anecdote, les Spartakistes sont en Allemagne aussi allumés de la brèche et perturbateurs qu'en France.mercredi 9 avril 2008
Barcelone, Valence, bonjour FFo !
Bref le conseil pour l'auto-stop en Espagne c'est de s'armer de patience, d'un chapeau (29 degrés !), d'eau pour éviter le dessèchement et de se placer à l'entrée des autoroutes et non dans les stations service paumées où trois voitures s'arrêtent par heure (2h30 d'attente!). Parce que oui, pour faire 300 km, de Barcelone à Valence, on a mis 12 heures ! (départ à 9h le matin, arrivée à 21h le soir!). Pour le coup on a marché, ça oui ! On a traversé Castelldefels, été pris en auto-stop par une voiture de frimeur climatisée, le chauffeur super sympa nous a fait visiter le pays en passant par les petites routes serpentant entre les montagnes, on a vu des châteaux et des lacs magnifiques, et puis la mer bien sûr, la mer ! Il nous a déposés dans la province de Tarragona, à trente km de la ville du même nom, où l'on a pris un train et rencontré au guichet un Juif Tunisien (comme mon grand-père!) parlant extrêmement bien français.
dimanche 30 mars 2008
des photos, juste des photos !
Soirée Sangria et jeux de carte !
Paris - Barcelone, vive les Semesterferien !
Que dire sur Barcelone sinon que c'est beau, chaud, fun, animé, vivant, coloré, éclairé, un peu fou, jambonné et sangriaé, que j'ai trouvé une boutique géniale qui vend des monuments en papier (pas évident à faire je crois que je vais craquer sur une Sagrada Familia avant mon départ, ça me tiendra bien quinze jours !), que l'on est actuellement huit personnes dans un appart de 55 m2 ce qui rend la vie plutôt animée, que l'on a passé notre soirée d'hier dans un bar à sangria-rondelles d'orange dans la carafe avec un chilien de quarante ans chaveziste, que l'on part la semaine prochaine à Valence en autostop, que balai en espanol ça veut dire d'accord d'accord, que j'ai déjeuné avec un Allemand berlinois hier et que mon allemand s'est lui-même quelque peu rouillé (je parle pas du Berlinois mais de mes compétences linguistiques), qu'il me reste un tiers de Hausarbeit à faire (j'ai terminé celui sur l'humour!), qu'à Barcelone il fait faire attention à son portefeuille, que je suis droguée aux oréos blancs enrobés, que l'on va se baigner au moins une fois avant mon départ (!), que les tapas c'est pleins de couleurs, ... Petit résumé en photos, le soleil brille trop fort dehors, on s'en va faire un tour au Parc Guëll !
jeudi 21 février 2008
La Caseeeeeeeeerne !!!

Pouet pouet ! Sortez les trompettes... Ca y est ça y est, je l'ai fait, j'ai franchi les limites de l'interdit !! Frankfurt-Oder en est devenue bien plus intéressante, comme ville, car oui oui j'ai osé l'impossible : passer de l'autre côté des grands et épais murs qui séparent le monde normal et serein de celui de "la caserne".
La Caserne j'en ai déjà parlé, mais pour ceux qui suivent pas, et puis pour ceux qui auraient tout simplement rangé ça dans un coin inconnu de leur tête (excusés par mon long silence), je vais réintroduire ce personnage essentiel qu'est la caserne désaffectée de Fankfurt-Oder. Je dirais que c'est l'attraction de la ville même si peu de personnes ont osé franchir le pas. La caserne c'est l'ancien repère de l'armée soviétique, les derniers militaires l'ont quittée en 1995, mais elle semble abandonnée depuis plus de trente ans, dévorée par les herbes, l'humidité et l'obscurité. La caserne c'est une suite ininterrompue d'immenses bâtiments en briques rouges, hauts de quatre à six étages, regroupés dans un gigantesque "parc" envahi de mauvaises herbes, le tout protégé d'épais murs, eux-mêmes rouges, et de barrières imposantes. Autant dire que tout est fait pour dissuader les curieux, sans parler des pancartes prévenant du danger de la chose pour cause de mines, munitions, sol abîmé et blabla. Bon, en fait je dois revoir le danger à la baisse, quoique que ça aurait donné du relief à mon récit... Mais je ne voudrais pas trop inquiéter les gens qui lisent et qui m'aiment : donc non le sol n'est pas affaissé et jonché de mines; en tout cas je suis toujours vivante.

On n'a pas fait les choses à moitié, avec Béa et Manolo, on est allé acheter une lampe de poche chez Kaufland et du chocolat triple épaisseurs pour affronter le danger. A 23h on a quitté la résidence August-Bebel direction l'inconnnu, le tout sous la bruime et dans une semi obscurité peu rassurante (je rappelle que FFo est une ville sans lampadaire !). Dans le mur on a trouvé un trou où l'on s'est engouffré, pas inquiété pour un sou par un potentiel témoin susceptible de nous dénoncer, puisque Frankfurt Oder est une ville fantôme dès la première étoile. J'ai ouvert la marche la lampe à la main, bercée par les blagues de mes deux zigottos à l'arrière (bah oui pour détendre l'atmosphère parce que mine de rien ça fait un peu peur la caserne !).
On a choisi un bâtiment un peu au hasard, parce qu'après tout on avait l'embarras du choix, une vingtaine de bâtiments plus ou moins indentiques s'offraient à nous, tous enveloppés d'une obscurité invitant guère à la promenade. Mais voilà on avait franchi la barrière il nous fallait y rentrer ! Une fois passé la porte d'entrée en bois couchée sur le sol et chatouillée de ronces, on a préféré s'engager dans l'escalier menant au premier étage, celui menant à la cave était vraiment trop trop sombre. Faut dire que la lampe en promotion de chez Kaufland c'est fun mais ça éclaire pas grand chose...

Bon bah au premier étage c'est vide, un immense couloir sur notre gauche, et un autre sur notre droite, nous saisissent sur place, noyés dans l'obscurité, on en aperçoit pas le bout. Chacun serpente et dessert une dizaine de chambres toutes identiques et vides à l'exception de quelques coffres et armoires. Au sol, du parquet humide ou du carrelage brisé, au mur des peintures fades mais tout de même décorées, ou des papiers peints pleurant, victimes de l'humidité. On trouve des pièces en carrelage blanc qui semblent être des salles de bain collectives. C'est immense, les pièces se succèdent, au bout on trouve d'autres escaliers, on les grimpe pour découvrir un second étage identique au premier. Les vitres sont brisées, les rares écritures indéchiffrables car en russe. Une pancarte au dessus d'une lourde porte de bois décrit le quotidien des soldats, ça n'a pas l'air réjouissant. 
On quitte les lieux au bout d'une heure, en ayant à peine visité un 5ème de la surface totale de la caserne. Les greniers me tentent vraiment, et les salles à manger-cantines aux extrémités des bâtiments aussi. Je me demande bien ce que va devenir ce bâtiment, voilà plus de dix ans qu'il trône ici abandonné, suscitant la curiosité des étudiants d'August-Bebel résidant à proximité. La nuit quand je rentre seule, il me faut parfois changer de trottoir tant son obscurité semble vouloir aspirer le moindre passant. Mais elle me plait bien moi cette caserne, elle est sacrément imposante malgré son état. La détruire serait sûrement extrêmement cher... Et puis, pour construire quoi?
La caserne n'est que l'exemple le plus impressionnant d'un bâtiment à l'abandon à Frankfurt-Oder, parce que les maisons vides sont à la mode à FFo, chaque rue à la sienne voire les siennes, et je pourrais à mon avis consacrer plus d'une semaine à leur exploration. Pour ce qui est de la caserne, je compte bien la continuer, ma visite, mais peut-être la journée, sous un soleil radieux, ça rendra la chose moins impressionnante mais un peu plus rassurante.
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