jeudi 19 juin 2008

première baignade, années folles, chimie et compagnie...

Tête de poire ou tête de veau, voilà de nouvelles photos ! Seulement des photos même, petit résumé imagé d'un mois ensoleillé, entre Frankfurt et Barcelone. Alors en vrac, ou dans le désordre, instantanés de jolis moments, parce qu'après tout on n'a pas à s'excuser d'être heureux, et pis qu'il suffit finalement de quelques commentaires fleuris pour regonfler les voiles... L'étonnant musée de la Science à Barcelone, voyage au pays de la chimie, de la physique et de la biologie, rencontre avec un arbre amazonien de trente mètres suspendu dans le vide au coeur d'un couloir en colimaçon qui n'en finit pas de descendre, émerveillement inattendu devant un aquarium touffu et plein de vie d'eau douce (qui aurait pu penser qu'un lac pouvait renfermer de tels monstres !). Aperçu d'une journée chaude, ambiance vacances et sable fin sur la plage de Sitges, à quarante minutes en train de Barcelone. On s'est baigné, la preuve en image.... Saurez-vous retrouver le petit moi au milieu des vagues (gentilles les vagues hein, faut pas rigoler non plus, c'est la Méditerranée, on commence doucement!)... Un indice : j'ai les bras levés, non pas que j'essaye de m'envoler, j'ai renoncer depuis quelques temps, mais parce qu'allez savoir pourquoi, les bras levés quand on marche sur des cailloux méchamment pointus, ça a tendance à les arrondir, les galets hein, pas les bras... Ca doit être scientifique! Et hop un bisou au passage ! Puis soirée frankfurtoise dans le centre culturel de la ville (le Kleistforum) sur le thème des années 20, la formule parfaite : robes droites, satin et mousselines, talons bobines et plumes à gogo, silhouettes androgynes, absinthe et musique d'époque... On s'y croirait ! Et ce joli arc en ciel rencontré sur le chemin du retour à FFO après un week-end déménagement Julie et pique-nique berlinois dans le Mauerpark.


mardi 20 mai 2008

1er mai, Krivine, Magdeburg, Hundertwasser, Neue Nationalgalerie et requin taureau

Nous voilà en mai, le temps est encore passé très vite, il me reste à présent deux mois à vivre ici à FFo... Pas encore le moment de pleurnicher. J'ai bien occupé mon temps depuis le début du semestre d'été. Côté cours j'ai validé mes deux Hausarbeite du premier semestre ! Mais je ne tiens pas à m'attarder là dessus, il me faut à présent travailler pour le second semestre, où les cours que j'ai choisis ne s'avèrent pas faciles ! Un cours de sciences politiques d'abord, qui pourrait être très bien si le prof ne décidait pas de battre son record de vitesse chaque mardi, s'il faisait preuve d'un peu moins de prétention (par exemple parler de lui même à la première personne comme toute personne normale et non à la troisième) et s'il ne nous donnait pas chaque semaine cent pages à lire et à résumer obligatoirement, sachant que les textes sont évidemment bien plus compliqués que le tome trois des aventures de "Oui Oui au pays des jouets"... Bref je reste convaincue que Habermas est l'un de ces auteurs faits pour motiver les élèves à travailler étant donnée la nullité complète ressentie à la lecture de son oeuvre. Pourquoi est-ce qu'il faut nécessairement être compliqué pour avoir l'air intelligent???



Mes cours du mercredi sont plus sympathiques, un cours d'histoire et un cours sur les idéologies marxiste, libérale, catholique et antiglobalisatrice (ça se dit?)... Le prof est Polonais et prend le parti de parler lentement pour être compréhensible malgré son accent, je me retrouve un peu en lui et je dois dire que ça fait du bien ! Dommage qu'il fasse sans cesse l'amalgame entre communisme et stalinisme (moyen moyen pour un professeur de philosophie politique, mais rien d'étonnant et de très nouveau finalement dans cette confusion, surtout pas pour une élève de Sciences-po !). Enfin mon cours du jeudi traite des "sciences culturelles", cours qui me semble typiquement allemand, mixte entre sociologie de la culture, philosophie de la culture et ethnologie, assez passionnant mais également compliqué. Le prof est celui que j'avais au premier semestre en sociologie et je crois que je le comprends un peu mieux désormais, même si la participation des élèves est assez intense, et qu'il est parfois difficile de tout saisir.



Côté météo, bah oui ça fait grand-mère mais sa compte tout de même, FFO a une tête carrément sympa avec du soleil! Je me déplace tous les jours à vélo (on l'a enfin réparé !) et c'est super agréable. Je bas des records de vitesse d'ailleurs (enfin mes propres records hein pas ceux du tour de France, mais ça compte pas d'abord on est à FFO). Y'a du monde sur les avenues (si si!) et des jupettes à tous les coins de rue !



Le premier mai, journée également fériée en Allemagne, j'ai pris part aux manifs berlinoises où la tradition veut que les gens portent un oeillet rouge sur leur vêtement.
Le premier défilé auquel j'ai assisté avait lieu dans le centre de Berlin. Je dois avouer que les manifs des syndicats sont en Allemagne aussi ennuyeuses qu'en France, mais les manifestants étaient assez nombreux malgré la grosse averse qui a mouillé mes chaussettes et fait déteindre mon manteau sur mon tee shirt blanc (pauvre tee shirt, et pauvres chaussettes). Les pancartes des différents syndicats du DGB affichaient hypocritement leur volonté d'améliorer les conditions des travailleurs (quand on sait le succès de leur stratégie de "négociation" et leur effort continuel pour "casser" tout velléité gréviste).



J'ai passé l'après-midi dans le quartier de Kreuzberg, où a lieu la fameuse et traditionnelle manif "révolutionnaire" qui s'y tient depuis 1987 et a la réputation d'être assez violente. Pas cette fois en tout cas. L'ambiance est certes plus agitée que dans les défilés syndicaux de la matinée (pas dur en même temps!), les drapeaux rouges et noirs sont de bon goût, et les pancartes anarchistes, maoïstes, indépendantistes kurdes, antifa et j'en passe se succèdent sous les yeux des spectateurs. Le cortège haut en couleurs était, cette année, accompagné par un groupe de rap français, dont je ne connais pas le nom. Le mot d'ordre le plus courant (selon mes rapides statistiques) : "pas de libération sans révolution". Pour autant le rassemblement annuel du mois de mai dans le quartier de Kreuzberg semble finalement moins politique que festif. Il faut dire qu'en cette après-midi du premier mai, les rues de Kreurzberg appartiennent à la fois au manifestants et aux foules venues pour la fête du quartier. Toute la journée des groupes de musique défilent sur des podiums, des personnages déguisés évoluent sur des échasses, des p'tits bouts hauts comme trois pommes courent de stand en stand pour participer aux différentes activités organisées pour eux et les vendeurs de saucisses sont sûrement trois fois plus nombreux que les stands de documentations politiques en tout genre. Rien d'étonnant à cette ambiance colorée, le 1er mai à Berlin est aussi le jour de la "kermesse Myfest", sponsorisée par le quartier et l'Etat. Cette fête créée en 2003 a pour but officiel de limiter les débordements des manifestations politiques du premier mai, avec notamment l'idée de proposer des loisirs alternatifs aux individus "casseurs" en mal d'activités...



Cette fête a en effet été développée pour mettre à mal les manifestations politiques dans le quartier, les autorités ayant depuis 1987 régulièrement tenté d'empêcher le traditionnel passage par Kreuzberg de la manifestation "révolutionnaire". D'où l'idée d'un festival familial et bon enfant (Myfest) contrôlé par l'Etat afin de remplir les rues et de séparer les gens en "politiques" et "non politiques", "étrangers" et "habitants de Kreuzberg", au risque évidemment de faire de cette journée du premier mai, originellement événement politique et théâtre de revendications sociales nombreuses, une journée digne du club Mickey (mais c'est bien là le but de Myfest!). Le résultat de cette stratégie "d'apaisement" semble mitigé. Grâce à la kermesse, les rues sont au contraire remplies de gens, dont beaucoup soutiennent les manifestations politiques (à l'image de cette mère de famille avec qui j'ai discuté, grande nostalgique de la DDR, politiquement floue mais clairement critique vis à vis de la politique du gouvernement actuel) mais on observe aussi effectivement un recul des échauffourées avec la police.



Le vendredi j'ai assisté à un meeting d'Alain Krivine organisé par la LCR pour discuter du Nouveau Parti Anticapitaliste. Nous étions une quarantaine dans la salle, une grande majorité d'Allemands, et le débat a duré trois bonnes heures, ralenti il est vrai par la traduction, Krivine ne parlant pas allemand. Pour l'anecdote, les Spartakistes sont en Allemagne aussi allumés de la brèche et perturbateurs qu'en France.




Côté voyage à présent. Au début du mois nous avons pris le train avec Aja, Pavlina et Julie en direction de Magdeburg qui se trouve à l'ouest de Berlin (FFo est à l'est) dans le Land de Sachsen-Anhalt. Trois heures de train pour arriver dans cette ville plutôt jolie, avantagée il est vrai par un temps magnifique, et dont un monument surtout a retenu notre attention. Ce bâtiment c'est la citadelle verte de Hundertwasser, dernier monument sur lequel il a travaillé avant sa mort. Et là on pense forcément à Gaudi ! Parce que c'est un peu fou, parce que c'est coloré et biscornu, parce que l'on se demande clairement "comment ça peut tenir", et comment on peut parvenir à réaliser un tel projet, semblable au château d'une princesse sorti tout droit de l'imagination débordante d'une petite fille. Die grüne Zitadelle est bizarrement rose, malgré son nom. On comprend cette appellation quand on paye deux euros pour se rendre au sommet de la plus haute tour, d'où l'on peut observer les toits de la citadelle, couverts de gazon... Le voilà le vert ! L'architecte de cette jolie "étrangeté", qui semble avoir déclaré la guerre "à la ligne droite", est autrichien. Friedensreich Hundertwasser, fervent défenseur écologiste, est avant tout connu pour sa peinture, qui elle aussi vaut le détour ! En architecture, il défend notamment l'idée d'un droit à la fenêtre, et écrit en 1959 "Un propriétaire doit avoir le droit de se pencher à sa fenêtre et de changer tout ce qu'il veut du mur extérieur, aussi loin que peut aller sa main afin qu'on puisse voir de loin depuis la rue: Ici vit un être humain. "



Enfin du 7 au 12 mai j'ai eu la visite de Jack et Isabelle (alias maman et beau-papa) qui ont dormi à Berlin pendant cinq jours et avec qui j'ai arpenté la capitale sous un soleil génial ! À nous l'aquarium du Zoologischer Garten, ça c'était mon idée je l'avoue, j'ai une faiblesse depuis toujours pour ce qui nage, mais objectivement c'est un bel aquarium ! On a fait pas mal de balades dans le quartier de Prenzlauer Berg et de Friedrichshain (notamment le marché aux puces de la Boxhagener Platz que je connaissais déjà où l'on peut trouver des jeans à 50 centimes!). On a mangé dans un resto italien super sympa à Kreuzberg, une partie du quartier que je ne connaissais pas, bien plus "bobo" que le quartier turc, traversé par un canal adorable.



Le dimanche c'était le Carnaval des cultures à Berlin, avec notamment le défilé de plus d'une centaine de chars décorés aux couleurs et thèmes nationaux et entourés de danseurs s'agitant sur des rythmes venus du monde entier, salsa, tango, flamenco, danses orientale et traditionnelle d’Arménie, concerts de latinjazz, latinfunk, reggae, dancehall, rock et pop turc, percussion, musiques électronique, klezmer, orientale, créole, grecque, arménienne, d’Afrique noire… Les rues étaient pleines à craquer, des vendeurs de tout et n'importe quoi (mais surtout d'alcool!) postés à tous les coins, et l'ambiance était assez euphorique. Malheureusement le cortège était difficilement visible et la concurrence pour trouver une "bonne" place était rude.



Autre bonne suprise de la semaine, le musée de la Postdamer Strasse, la Neue Nationalgalerie, entièrement voué à l'art moderne. La collection est très riche, et le bâtiment agréablement aéré, les oeuvres sont relativement espacées ce qui permet une visite digeste ! Les tableaux sont classés par courants : expressionnisme symbolique, expressionnisme (tout court), réalisme, Bauhaus, art informel, art de la DDR, nouvelle peinture et art zéro. L'expressionnisme allemand est évidemment très présent, et ce malgré l'opération "art dégénéré" (Entartete Kunst), menée par les nazis, où le musée fut vidé et vit ses pièces vendues ou détruites. On y trouve aujourd'hui des artistes variés, Munch, Kirchner Nolde, Kokoschka, Beckmann, Grosz, sans oublier évidemment Otto Dix, Schlemmer et Muche(les deux derniers appartenant au mouvement du Bauhaus), Delaunay, Picasso, Léger, Miro, Dali, Ernst....



Dernière photo : tenue camouflage pour soirée relooking-coloration pour les cheveux de Pavlina : le résultat est plutôt pas mal (elle a les cheveux un peu rouges!) mais on s'est surtout bien marré !

mercredi 9 avril 2008

Barcelone, Valence, bonjour FFo !

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, j'ai dû quitter Barcelone (photo du Parc Güell) voilà deux jours, direction FFo où tout m'attendait tel que je l'avais laissé ! Ma chambre, toujours aussi grande, mes colocs, Asia et Isa toujours aussi déjantées, Pavlina toujours aussi sympa, et FB... toujours aussi FB. On a une nouvelle coloc aussi, une boule de poils marrons-blancs du nom de Pénélope-Whisky Kowaslsky (typiquement polonais !). Elle a une cage proportionnelle à la taille de nos chambres (cinq étages!) avec une roue pour courir en plus... Quoique si je voulais installer une roue dans ma chambre y'aurait la place ! J'ai repris le chemin de l'université, je choisis cette semaine les cours, comme le veut le système allemand, en assistant à ce que je veux puis en faisant moi choix lundi prochain.

Hier soir c'était retour au Hemingways, avec les Français, notamment Julie et Hyacinthe (les meilleurs!), et puis Pamela ma Finlandaise préférée et un Allemand, copain du Hemingways (on lui parle tous les mardis soirs!). Côté musique toujours le mec groupe avec toujours les mêmes chansons, pas de renouvellement du répertoire pendant les vacances apparemment, mais on était presque content de les retrouver eux aussi, les musiciens du mardi soir ! Y'avait pleins de nouvelles têtes, ce qui nous a rendus bien timide, on était pas habitué à tant de nouveautés à Frankfurt Oder !



Nouveauté si, en vla une ! En prenant le tram hier pour me rendre en cours, j'avance mécaniquement vers l'arrêt entre les deux arbre tordus, pour m'apercevoir qu'il n'y a plus d'arrêt ! Je me sens évidemment assez bêta surtout quand je me rends compte que les autres se sont eux arrêtés vingt mètres plus haut, entre deux buissons, près de l'abris-bus qui trônait là tel un monument abandonné de Frankfurt Oder depuis le début de l'année. C'est finalement une bonne chose qu'ils aient enfin consenti à rapprocher en toute logique le poteau avec les horaires de l'abris-bus qui lui était apparemment destiné mais bizarrement construit à trente pas de là.. Il se passe des choses étonnantes tout de même, la médaille d'honneur revenant sûrement à ce magasin de ballons juste après la caserne, ouvert toute la journée et toute la semaine... Je ne comprends pas comment ils peuvent tenir ! Je promets une photo du magasin de ballons avant mon départ.

Retour en arrière, vers l'Espagne à un vol Easy Jet de là... Ben les vacances étaient géniales ! Y'avait du soleil déjà, j'ai bronzé, et puis on a fait pleins de trucs. La dernière semaine on est parti armé de sacs à dos vers le Sud de l'Espagne avec la bonne idée d'y aller en auto-stop ce qui n'est évidemment pas une paire de manches dans un pays où le stop n'est pas une habitude.










Bref le conseil pour l'auto-stop en Espagne c'est de s'armer de patience, d'un chapeau (29 degrés !), d'eau pour éviter le dessèchement et de se placer à l'entrée des autoroutes et non dans les stations service paumées où trois voitures s'arrêtent par heure (2h30 d'attente!). Parce que oui, pour faire 300 km, de Barcelone à Valence, on a mis 12 heures ! (départ à 9h le matin, arrivée à 21h le soir!). Pour le coup on a marché, ça oui ! On a traversé Castelldefels, été pris en auto-stop par une voiture de frimeur climatisée, le chauffeur super sympa nous a fait visiter le pays en passant par les petites routes serpentant entre les montagnes, on a vu des châteaux et des lacs magnifiques, et puis la mer bien sûr, la mer ! Il nous a déposés dans la province de Tarragona, à trente km de la ville du même nom, où l'on a pris un train et rencontré au guichet un Juif Tunisien (comme mon grand-père!) parlant extrêmement bien français.


À Tarragona on a encore marché et marché (ah les bords de l'autoroute, j'adore!), je me suis faite attaquée par une sauterelle mutante de la taille de ma main (si c'est vrai!), et on a failli déclaré forfait avant d'être enfin pris par une voiture qui nous a menés vers Valence ouf ! La ville de Valence ne vaut pas Barcelone, mais le temps était génial et on s'est pas mal baladé tout de même !

dimanche 30 mars 2008

des photos, juste des photos !

La Sagrada Familia, l'évènement touristique de la ville, mais on comprend pourquoi ! Après plus d'un siècle de travaux, la cathédrale n'est toujours pas achevée. Mais les dizaines de grues à la hauteur vertigineuse ne rendent l'ensemble que plus impressionnant. Son architecte originel est le célèbre Gaudi, chef de file du mouvement architectural morderniste, dont les bâtiments variés, tous plus fous les uns que les autres, épicent déjà la ville. Son travail transforma la capitale catalane à la fin du XIXè siècle, et ce avec succès. Ce qui caractérise le mouvement, c'est avant tout son originalité, sa variété, son rejet des normes. On en vient tout de même à se demander comment Gaudi est parvenu à imposer un tel projet, celui de la Sagrada Familia, pourtant lieu de culte, mais tellement incroyable par sa profusion de détails, son rejet des lignes droites, ses tours fines, grimpantes, presque branlantes voire tordues, et la trentaine d'espèces végétales représentées, entourées de nombreux visages, apparemment réalisés à partir de moulages en plâtre faits sur la population barcelonaise et même sur des corps de la morgue locale ! Le détail le plus marquant, s'il fallait n'en retenir qu'un, est sûrement cet arbre rond, un cyprès touffu, parsemé de colombes.

La plaza Real dont les lampadaires ont été faits par Gaudi. La photo c'était plus pour les palmiers et le soleil. Sinon pour une petite note culturelle, ça ressemble un peu à la place des Vosges, la chocolaterie en moins. C'est ce qui était autrefois le Palais royal. En plein coeur du quartier médiéval, c'est un endroit assez vivant, accueillant touristes, musiciens et cafés avec terrasses !




À côté c'est Serge, le lama en semoule fabriqué pour faire un copain au lama en poils blancs que Hugo et Marie ont ramené du Chili. Tout le monde se moque de ce pauvre Serge Lama, atteint d'une maladie cutanée attrapée en séchant... Malgré tout ça fait quand même une décoration pour la télé du salon, alors bon...






Soirée Sangria et jeux de carte !

Paris - Barcelone, vive les Semesterferien !


Plus d'un mois que j'ai quitté FFO et le temps passe si vite ! Dans une semaine j'aurai retrouvé ma ville frontalière, je suis sûre que les arbres auront des bourgeons et le ciel un peu de bleu, tout va passer à cent à l'heure, il ne reste que quatre mois maintenant. Un semestre et voilà l'année Erasmus terminée. Bon pas encore le moment de sentir poindre la nostalgie, il me reste un peu de temps tout de même.










Que dire sur Barcelone sinon que c'est beau, chaud, fun, animé, vivant, coloré, éclairé, un peu fou, jambonné et sangriaé, que j'ai trouvé une boutique géniale qui vend des monuments en papier (pas évident à faire je crois que je vais craquer sur une Sagrada Familia avant mon départ, ça me tiendra bien quinze jours !), que l'on est actuellement huit personnes dans un appart de 55 m2 ce qui rend la vie plutôt animée, que l'on a passé notre soirée d'hier dans un bar à sangria-rondelles d'orange dans la carafe avec un chilien de quarante ans chaveziste, que l'on part la semaine prochaine à Valence en autostop, que balai en espanol ça veut dire d'accord d'accord, que j'ai déjeuné avec un Allemand berlinois hier et que mon allemand s'est lui-même quelque peu rouillé (je parle pas du Berlinois mais de mes compétences linguistiques), qu'il me reste un tiers de Hausarbeit à faire (j'ai terminé celui sur l'humour!), qu'à Barcelone il fait faire attention à son portefeuille, que je suis droguée aux oréos blancs enrobés, que l'on va se baigner au moins une fois avant mon départ (!), que les tapas c'est pleins de couleurs, ... Petit résumé en photos, le soleil brille trop fort dehors, on s'en va faire un tour au Parc Guëll !

jeudi 21 février 2008

La Caseeeeeeeeerne !!!


Pouet pouet ! Sortez les trompettes... Ca y est ça y est, je l'ai fait, j'ai franchi les limites de l'interdit !! Frankfurt-Oder en est devenue bien plus intéressante, comme ville, car oui oui j'ai osé l'impossible : passer de l'autre côté des grands et épais murs qui séparent le monde normal et serein de celui de "la caserne".




La Caserne j'en ai déjà parlé, mais pour ceux qui suivent pas, et puis pour ceux qui auraient tout simplement rangé ça dans un coin inconnu de leur tête (excusés par mon long silence), je vais réintroduire ce personnage essentiel qu'est la caserne désaffectée de Fankfurt-Oder. Je dirais que c'est l'attraction de la ville même si peu de personnes ont osé franchir le pas. La caserne c'est l'ancien repère de l'armée soviétique, les derniers militaires l'ont quittée en 1995, mais elle semble abandonnée depuis plus de trente ans, dévorée par les herbes, l'humidité et l'obscurité. La caserne c'est une suite ininterrompue d'immenses bâtiments en briques rouges, hauts de quatre à six étages, regroupés dans un gigantesque "parc" envahi de mauvaises herbes, le tout protégé d'épais murs, eux-mêmes rouges, et de barrières imposantes. Autant dire que tout est fait pour dissuader les curieux, sans parler des pancartes prévenant du danger de la chose pour cause de mines, munitions, sol abîmé et blabla. Bon, en fait je dois revoir le danger à la baisse, quoique que ça aurait donné du relief à mon récit... Mais je ne voudrais pas trop inquiéter les gens qui lisent et qui m'aiment : donc non le sol n'est pas affaissé et jonché de mines; en tout cas je suis toujours vivante.




On n'a pas fait les choses à moitié, avec Béa et Manolo, on est allé acheter une lampe de poche chez Kaufland et du chocolat triple épaisseurs pour affronter le danger. A 23h on a quitté la résidence August-Bebel direction l'inconnnu, le tout sous la bruime et dans une semi obscurité peu rassurante (je rappelle que FFo est une ville sans lampadaire !). Dans le mur on a trouvé un trou où l'on s'est engouffré, pas inquiété pour un sou par un potentiel témoin susceptible de nous dénoncer, puisque Frankfurt Oder est une ville fantôme dès la première étoile. J'ai ouvert la marche la lampe à la main, bercée par les blagues de mes deux zigottos à l'arrière (bah oui pour détendre l'atmosphère parce que mine de rien ça fait un peu peur la caserne !).




On a choisi un bâtiment un peu au hasard, parce qu'après tout on avait l'embarras du choix, une vingtaine de bâtiments plus ou moins indentiques s'offraient à nous, tous enveloppés d'une obscurité invitant guère à la promenade. Mais voilà on avait franchi la barrière il nous fallait y rentrer !
Une fois passé la porte d'entrée en bois couchée sur le sol et chatouillée de ronces, on a préféré s'engager dans l'escalier menant au premier étage, celui menant à la cave était vraiment trop trop sombre. Faut dire que la lampe en promotion de chez Kaufland c'est fun mais ça éclaire pas grand chose...




Bon bah au premier étage c'est vide, un immense couloir sur notre gauche, et un autre sur notre droite, nous saisissent sur place, noyés dans l'obscurité, on en aperçoit pas le bout. Chacun serpente et dessert une dizaine de chambres toutes identiques et vides à l'exception de quelques coffres et armoires. Au sol, du parquet humide ou du carrelage brisé, au mur des peintures fades mais tout de même décorées, ou des papiers peints pleurant, victimes de l'humidité. On trouve des pièces en carrelage blanc qui semblent être des salles de bain collectives. C'est immense, les pièces se succèdent, au bout on trouve d'autres escaliers, on les grimpe pour découvrir un second étage identique au premier. Les vitres sont brisées, les rares écritures indéchiffrables car en russe. Une pancarte au dessus d'une lourde porte de bois décrit le quotidien des soldats, ça n'a pas l'air réjouissant.








On quitte les lieux au bout d'une heure, en ayant à peine visité un 5ème de la surface totale de la caserne. Les greniers me tentent vraiment, et les salles à manger-cantines aux extrémités des bâtiments aussi. Je me demande bien ce que va devenir ce bâtiment, voilà plus de dix ans qu'il trône ici abandonné, suscitant la curiosité des étudiants d'August-Bebel résidant à proximité. La nuit quand je rentre seule, il me faut parfois changer de trottoir tant son obscurité semble vouloir aspirer le moindre passant. Mais elle me plait bien moi cette caserne, elle est sacrément imposante malgré son état. La détruire serait sûrement extrêmement cher... Et puis, pour construire quoi?



La caserne n'est que l'exemple le plus impressionnant d'un bâtiment à l'abandon à Frankfurt-Oder, parce que les maisons vides sont à la mode à FFo, chaque rue à la sienne voire les siennes, et je pourrais à mon avis consacrer plus d'une semaine à leur exploration. Pour ce qui est de la caserne, je compte bien la continuer, ma visite, mais peut-être la journée, sous un soleil radieux, ça rendra la chose moins impressionnante mais un peu plus rassurante.